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Droit de location

Exigences de ventilation des locaux commerciaux en Suisse : aperçu de la réglementation

Quelles sont les obligations de ventilation pour les bureaux et locaux commerciaux en Suisse ? Découvrez tout sur le taux de renouvellement d'air, les normes SUVA et la ventilation mécanique.

Écrit par
Marc Schwery
Publié le
13 octobre 2026

En Suisse, les locaux commerciaux sont soumis à des exigences claires en matière de qualité de l'air intérieur, tirées principalement de la loi sur le travail (LTr), de l'ordonnance 3 relative à la loi sur le travail (OLT 3) ainsi que de directives complémentaires de la SUVA et de normes SIA. En principe, chaque poste de travail doit bénéficier d'un apport suffisant en air frais, le taux effectif de renouvellement de l'air dépendant de l'utilisation du local, du nombre de personnes et du secteur d'activité. Alors que les bureaux se contentent souvent d'une ventilation naturelle, les locaux aveugles, les établissements de restauration ou les sites de production nécessitent généralement une installation de ventilation mécanique. En tant que locataire, vous devriez vérifier avant la signature du contrat si la ventilation existante répond aux exigences légales minimales, car les défauts peuvent faire l'objet de réclamations conformément au Code des obligations (CO art. 253 et suiv.). Cet article vous présente les normes applicables, le mode de calcul du taux de renouvellement d'air et les points d'attention lors de la location d'une surface commerciale.

 

 

Bases légales : qui réglemente la ventilation dans les locaux commerciaux ?

La base légale réglant les exigences de ventilation dans les locaux commerciaux en Suisse repose sur la loi sur le travail (LTr) combinée à l'ordonnance 3 (OLT 3), qui traite de la protection de la santé au poste de travail. Les articles 16 et 17 de l'OLT 3 exigent explicitement que les locaux de travail disposent d'un apport d'air frais adapté à leur utilisation et que la présence de compositions d'air nocives pour la santé soit évitée. De plus, le Secrétariat d'État à l'économie (SECO) met à disposition des directives concrétisant la mise en œuvre pratique de ces prescriptions.

 

Sur le plan technique, la norme SIA 382/1 est également déterminante : elle définit les exigences relatives aux installations de ventilation et de climatisation dans les bâtiments. Souvent utilisée comme base de planification, cette norme n'est pas une loi en soi, mais une règle reconnue de la technique. Lors de litiges concernant la qualité de l'air ambiant dans des objets loués, on se réfère régulièrement à ces normes pour déterminer s'il existe un défaut au sens des art. 258 et suiv. du CO. Comme la qualification juridique peut s'avérer complexe au cas par cas, il est recommandé en cas de doute d'obtenir un conseil spécialisé auprès d'un avocat ou de l'autorité de conciliation compétente.

 

 

Taux de renouvellement d'air : quelle quantité d'air frais faut-il pour un poste de travail de bureau ?

Le taux de renouvellement d'air indique combien de fois le volume d'air total d'une pièce est remplacé par heure. Pour des postes de travail de bureau classiques, on retient habituellement en Suisse un débit indicatif d'air neuf d'environ 30 à 40 mètres cubes par personne et par heure, en l'absence de dégagement de fumée ou d'autres polluants. En cas de densité d'occupation plus élevée, comme dans les bureaux paysagers ou les salles de réunion, le renouvellement d'air requis augmente en conséquence, car la concentration de CO2 et l'humidité de l'air s'élèvent plus rapidement.

 

Ces valeurs ne doivent pas être interprétées comme une loi rigide, mais s'orientent sur les recommandations des normes SIA et sur les retours d'expérience du génie technique du bâtiment. L'élément décisif reste que la qualité de l'air ne doive pas causer de troubles de la santé tels que maux de tête, baisse de concentration ou vulnérabilité accrue aux maladies. Lors de l'aménagement d'une surface commerciale, il convient donc de coordonner rapidement la planification de la ventilation avec un ingénieur spécialisé en CVS (chauffage, ventilation, climatisation) afin d'éviter de futurs conflits d'utilisation.

 

 

Ventilation mécanique versus ventilation naturelle dans les locaux commerciaux

Tous les locaux commerciaux ne nécessitent pas obligatoirement une installation de ventilation mécanique. Si la pièce dispose de fenêtres ouvrables en nombre suffisant et que l'occupation humaine reste modérée, une ventilation naturelle transversale peut en principe suffire. En revanche, pour les espaces sans fenêtres, les sous-sols profonds ou les locaux à forte fréquentation comme les open spaces, les surfaces de vente ou les établissements de restauration, une ventilation mécanique s'impose généralement.

 

Une installation de ventilation mécanique pour locaux commerciaux doit répondre à plusieurs exigences : elle doit garantir un renouvellement d'air continu, évacuer les polluants ainsi que l'excès d'humidité, tout en fonctionnant de manière efficiente sur le plan énergétique. Dans de nombreux cas, le permis de construire cantonal prescrit d'emblée une ventilation mécanique, notamment lorsque le bâtiment répond au standard Minergie ou qu'il faut respecter des directives spécifiques de protection incendie de l'AEAI (Association des établissements cantonaux d'assurance d'incendie). Quiconque loue une surface commerciale devrait donc se faire remettre par le bailleur la documentation technique de la ventilation ainsi que la dernière attestation d'entretien.

 

 

Normes SUVA et hygiène sur le lieu de travail

La Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (SUVA) joue un rôle majeur dans la définition d'exigences pratiques concernant la qualité de l'air intérieur au travail. Bien que la SUVA n'édicte pas elle-même de lois formelles, ses notices explicatives et listes de contrôle servent de référence reconnue dans la pratique professionnelle pour les employeurs et les bailleurs. Cela inclut des recommandations relatives aux seuils de concentration de CO2, à l'humidité relative de l'air, ainsi qu'à la prévention des courants d'air et des odeurs désagréables.

 

Dans les entreprises présentant un potentiel de danger accru, par exemple lors de travaux de peinture, de soudage ou de nettoyage, la SUVA exige des mesures de protection supplémentaires telles que des systèmes d'aspiration ou des technologies de filtration spécifiques. Les employeurs sont tenus d'effectuer une évaluation des risques dans le cadre de la sécurité au travail (directive CFST 6508), intégrant également la ventilation des locaux. Pour les locataires de surfaces commerciales, cela signifie que les exigences SUVA propres à leur secteur doivent systématiquement être vérifiées en plus des exigences générales de ventilation.

 

 

Exigences spécifiques par secteur : gastronomie, production et stockage

Selon le type d'affectation, les exigences en matière de ventilation varient considérablement d'un local commercial à un autre. Dans la restauration, une extraction d'air de cuisine puissante équipée d'un filtre à graisse ainsi qu'un apport d'air neuf suffisant sont obligatoires afin d'assumer tant les règles d'hygiène que les exigences de sécurité incendie. Les entreprises de production manipulant des solvants, des poussières ou des vapeurs nécessitent fréquemment des systèmes de captage et de filtrage spécialisés allant bien au-delà d'une simple ventilation de confort.

 

Les zones de stockage, quant à elles, posent en principe des exigences moins élevées quant au taux de renouvellement d'air, tant que personne n'y travaille de façon permanente. Cependant, dès lors que des collaborateurs y travaillent régulièrement ou que des marchandises sensibles à la température y sont entreposées, des exigences additionnelles de climatisation et de gestion de l'humidité entrent en jeu. Si vous cherchez un espace commercial pour une activité spécifique, il convient de clarifier très tôt si la technique de ventilation existante correspond à votre projet, car les adaptations ultérieures engendrent souvent des coûts importants.

 

 

Obligations du bailleur et du locataire dans les baux commerciaux

Conformément au Code des obligations, le bailleur est tenu de délivrer la chose louée dans un état approprié à l'usage pour lequel elle a été louée et de l'entretenir en cet état pendant la durée du bail (CO art. 256). Une installation de ventilation insuffisante ou défectueuse peut dès lors constituer un défaut au sens des art. 258 et suiv. du CO, susceptible de donner droit à une réduction de loyer ou, dans les cas graves, à une résiliation extraordinaire. Toutefois, dans les baux commerciaux, la répartition de la charge de l'entretien, de la maintenance et des éventuels renouvellements de l'installation de ventilation fait souvent l'objet de clauses spécifiques ; une lecture attentive du contrat de bail s'impose donc.

 

En tant que locataire, il est vivement recommandé d'établir un état des lieux à la remise des locaux pour dater et documenter l'état de l'installation de ventilation. Il convient également de déterminer si des travaux de modification sur la ventilation – par exemple pour s'adapter à une nouvelle utilisation – requièrent l'autorisation formelle du bailleur. Les questions juridiques liées aux défauts et aux délais de congé en matière de bail commercial étant parfois complexes, il est conseillé de solliciter un conseil juridique professionnel ou d'obtenir l'appui de la commission de conciliation cantonale en cas de doute.

 

 

Conclusion et liste de contrôle pour locataires et bailleurs

Les exigences de ventilation pour les locaux commerciaux en Suisse comportent de multiples facettes et dépendent étroitement de l'affectation, de la densité d'occupation et du secteur d'activité. Alors qu'une ventilation naturelle offrant un renouvellement suffisant peut convenir à des bureaux classiques, la gastronomie, la production ainsi que les espaces aveugles exigent généralement une installation de ventilation mécanique conforme aux normes techniques reconnues. Les références principales demeurent la loi sur le travail avec l'OLT 3, les normes SIA ainsi que les recommandations pratiques de la SUVA.

 

Avant d'effectuer la location d'une surface commerciale, vous devriez contrôler les points suivants : l'installation de ventilation en place est-elle adaptée à l'utilisation prévue ? Qui prend en charge l'entretien et la maintenance ? Des exigences SUVA sectorielles s'appliquent-elles en supplément ? Et comment l'état de l'équipement est-il documenté dans le contrat ou l'état des lieux ? Vous éviterez ainsi d'éventuelles réclamations pour défauts ou des remises aux normes coûteuses, tout en instaurant d'emblée des conditions de travail saines pour vous et vos équipes.

 


Cet article sert à l'information générale et ne remplace pas un conseil juridique ou technique individualisé. Pour des renseignements contraignants sur les exigences de ventilation dans votre local commercial, nous vous recommandons de consulter un ingénieur spécialiste en CVS ou un professionnel spécialisé en droit du bail.