Précédent
Commerce

Qu'est-ce qu'une petite entreprise en Suisse ?

Que signifie être une petite entreprise en Suisse ? Cet article met en lumière les caractéristiques, les avantages et les inconvénients ainsi que la fiscalité d'une petite entreprise.

Écrit par
Remo Stahl
Publié le
30 juillet 2025

Le rêve d'avoir sa propre entreprise, de liberté entrepreneuriale et de concrétisation d'idées personnelles anime de nombreuses personnes en Suisse. Cependant, la perspective de démarches de création complexes et de coûts de capital élevés est souvent décourageante. C'est précisément là que ce que l'on appelle la petite entreprise offre une entrée idéale et simple dans l'indépendance. C'est la voie la plus courante pour les freelances, les artisans et les consultants qui souhaitent faire leurs premiers pas en tant qu'entrepreneurs.



Qu'est-ce qu'une petite entreprise en Suisse ?

Tout d'abord, une clarification importante s'impose : le terme « petite entreprise » n'est pas une forme juridique officielle en droit suisse, contrairement à la Sàrl ou à la société anonyme (SA). Il s'agit plutôt d'un terme courant pour décrire une activité lucrative indépendante, généralement exercée par une seule personne avec un risque limité et un chiffre d'affaires modeste.


D'un point de vue juridique, une petite entreprise correspond presque toujours à une entreprise individuelle. Le critère déterminant qui qualifie souvent une entreprise individuelle de « petite » est son chiffre d'affaires annuel. Le seuil le plus important se situe à CHF 100'000. En dessous de ce montant, des règles administratives simplifiées s'appliquent, notamment en ce qui concerne l'inscription au registre du commerce et l'assujettissement à la TVA.



Caractéristiques d'une petite entreprise

Si vous créez une petite entreprise sous la forme d'une entreprise individuelle, celle-ci présente des caractéristiques bien précises. En tant que propriétaire, vous êtes la seule personne à diriger l'entreprise. Il n'y a pas de distinction entre votre patrimoine privé et votre patrimoine professionnel. Cela conduit directement à la caractéristique la plus importante et la plus risquée : la responsabilité illimitée. Vous êtes responsable de toutes les dettes de l'entreprise, non seulement sur les actifs commerciaux, mais généralement aussi de manière illimitée sur l'ensemble de votre patrimoine privé. En contrepartie, aucun capital d'exploitation minimal n'est exigé par la loi pour la création. Le nom de l'entreprise doit obligatoirement contenir votre nom de famille. Des ajouts tels que « Max Muster, conseil en marketing » sont possibles et recommandés.



Avantages et inconvénients : peser le pour et le contre

Le choix de l'entreprise individuelle comme forme pour votre petite entreprise présente des avantages majeurs. La création est simple, rapide et extrêmement économique, car dans de nombreux cas, aucun acte notarié ni aucune inscription coûteuse au registre du commerce ne sont nécessaires. Vous disposez d'un contrôle entrepreneurial total et d'une liberté de décision absolue, sans avoir à vous accorder avec des associés ou un conseil d'administration. La comptabilité peut, selon le chiffre d'affaires, être simplifiée, et il n'y a pas d'obligation de tenir une comptabilité en partie double en dessous de CHF 500'000 de chiffre d'affaires. Un autre avantage essentiel réside dans le traitement fiscal, car il n'y a pas de double imposition du bénéfice de l'entreprise et du revenu privé, contrairement à ce qui peut se produire avec une Sàrl.


Ces avantages s'accompagnent toutefois d'inconvénients qu'il convient d'évaluer avec soin. La responsabilité personnelle et illimitée mentionnée précédemment constitue le risque majeur. Les difficultés financières professionnelles peuvent avoir un impact direct sur votre existence financière privée. Les possibilités de financement sont souvent limitées, car les banques se montrent plus réservées lorsqu'il s'agit d'octroyer des crédits aux entreprises individuelles, et il est impossible de vendre des parts à des investisseurs. Le lien étroit entre la raison sociale et votre personne peut restreindre l'anonymat, et la vente ou la succession de l'entreprise s'avèrent souvent plus complexes que pour une société de capitaux.



Le processus : création et inscription

Comment créer votre petite entreprise ? Le processus est d'un pragmatisme appréciable. Sur le plan formel, votre entreprise individuelle existe dès le moment où vous commencez votre activité indépendante. Les étapes administratives suivantes sont toutefois indispensables.


Étape 1 : Reconnaissance par la caisse de compensation AVS


En tant que travailleur indépendant, vous êtes vous-même responsable de vos cotisations d'assurances sociales (AVS/AI/APG). Vous devez donc vous affilier à la caisse de compensation compétente pour votre région. Celle-ci examine, sur la base de différents critères, si vous êtes effectivement considéré comme indépendant. Il s'agit notamment de se présenter sous son propre nom, d'agir pour son propre compte et de supporter son propre risque économique. Idéalement, vous disposez déjà de premiers mandats ou de factures attestant de votre activité.


Étape 2 : Inscription au registre du commerce (si nécessaire ou souhaitée)


L'inscription au registre du commerce n'est obligatoire pour les entreprises individuelles qu'à partir d'un chiffre d'affaires annuel de CHF 100'000. De nombreux créateurs choisissent toutefois de s'inscrire volontairement, même s'ils se situent en dessous de ce seuil. Cela présente l'avantage de protéger le nom de l'entreprise au siège de celle-ci et de donner une image plus professionnelle et crédible vis-à-vis des clients, des fournisseurs et des banques.


Étape 3 : Inscription à la taxe sur la valeur ajoutée (TVA)


L'obligation d'assujettissement à la TVA ne commence elle aussi qu'à partir d'un chiffre d'affaires annuel de CHF 100'000. Si votre chiffre d'affaires est inférieur, vous n'êtes pas assujetti à la TVA, ce qui simplifie grandement la comptabilité. Sachez toutefois que dans ce cas, vous ne pouvez pas non plus déduire l'impôt préalable sur vos propres achats et investissements. Un assujettissement volontaire peut s'avérer judicieux si vous réalisez des investissements initiaux importants ou si vous travaillez principalement avec des clients commerciaux qui peuvent eux-mêmes déduire la TVA.



Coûts et fiscalité d'une petite entreprise

Les frais de création d'une petite entreprise sont minimes. Si l'inscription obligatoire au registre du commerce n'est pas requise, la création est en principe gratuite. Une inscription volontaire coûte quelques centaines de francs. Les coûts récurrents comprennent principalement vos cotisations AVS, calculées en pourcentage de votre revenu, ainsi que les frais d'une éventuelle comptabilité, d'un compte professionnel et des assurances nécessaires, telles qu'une assurance responsabilité civile professionnelle.


L'imposition d'une petite entreprise est un point central qui suscite souvent des questions. Comme il n'existe pas de séparation juridique entre vous et votre entreprise, il n'y a pas non plus d'impôt distinct sur les sociétés. Le bénéfice que vous réalisez avec votre petite entreprise est ajouté à vos autres revenus privés (par exemple issus d'un emploi à temps partiel ou du revenu du conjoint). Vous déclarez ce revenu global dans votre déclaration d'impôt personnelle. Vous payez sur cette base l'impôt sur le revenu ordinaire à la Confédération, au canton et à la commune. Parallèlement, la fortune commerciale (par exemple les avoirs bancaires, les machines) est imposée avec votre fortune privée en tant que fortune globale.



Conclusion

La petite entreprise sous forme d'entreprise individuelle constitue en Suisse un moyen excellent et pragmatique de se lancer dans l'indépendance. Les avantages d'une création simple, d'un contrôle total et d'une fiscalité simplifiée sont convaincants. En contrepartie, la responsabilité personnelle illimitée représente le risque majeur. Une évaluation minutieuse de ces aspects, une bonne planification et la connaissance des démarches administratives auprès de l'AVS, du registre du commerce et de la TVA sont les clés d'un démarrage réussi. C'est ainsi qu'une bonne idée se transforme en un socle solide pour votre avenir entrepreneurial.