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Droit de location

La TVA sur la location en Suisse

Découvrez tout ce qu'il faut savoir sur la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) lors de la location de bureaux et de surfaces commerciales en Suisse

Écrit par
Dominic Frei
Publié le
20 janvier 2025

La question de savoir si la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) doit être perçue pour une surface commerciale ou un bureau en Suisse prête souvent à confusion. Quiconque souhaite louer ou prendre en location un tel bien immobilier pour la première fois est rapidement confronté à différentes réglementations, exceptions et obligations de déclaration : quand et comment la taxe sur la valeur ajoutée s'applique-t-elle et quelles sont les conséquences financières pour les propriétaires et les locataires ? Dans cet article, nous expliquons quelles sont les bases légales, quelles sont les particularités du droit suisse et quelles démarches entreprendre pour éviter d'éventuels problèmes.



 

Contexte juridique de la taxe sur la valeur ajoutée

En Suisse, la perception de la taxe sur la valeur ajoutée repose sur la Loi fédérale sur la taxe sur la valeur ajoutée (LTVA). En principe, la location et l'affermage de biens immobiliers sont exclus du champ de l'impôt, pour autant qu'il s'agisse d'une utilisation purement résidentielle ou de surfaces qui ne sont pas principalement utilisées à des fins commerciales. Il en va autrement lorsqu'un objet sert à des fins commerciales. Dans ce cas, la taxe sur la valeur ajoutée peut s'appliquer, selon la limite du chiffre d'affaires ou l'option fiscale du propriétaire. Quiconque s'intéresse à la TVA sur l'immobilier en Suisse se rend vite compte que toute location n'est pas automatiquement imposable. Des conditions spécifiques doivent être remplies pour qu'un assujettissement fiscal puisse avoir lieu.


 

L'objectif central de la taxe sur la valeur ajoutée est d'imposer la valeur ajoutée créée à chaque stade de production et de commercialisation. Toutefois, dans le cadre de la location de bureaux et de surfaces commerciales, la valeur ajoutée n'est pas toujours évidente. C'est pourquoi la loi offre aux propriétaires la possibilité d'opter : ils peuvent soit être exclus du champ de l'impôt, soit se soumettre volontairement à la taxe sur la valeur ajoutée, à condition de respecter certaines exigences. Cette option peut être particulièrement judicieuse lorsque le propriétaire souhaite faire valoir des déductions de l'impôt préalable. Examinons ci-dessous plus en détail les conditions et les conséquences de cette décision.



 

Qui est assujetti à la taxe sur la valeur ajoutée ?

En Suisse, l'obligation d'assujettissement à la taxe sur la valeur ajoutée s'applique en principe aux entreprises qui réalisent un chiffre d'affaires annuel supérieur à 100'000 CHF. Ce montant inclut toutes les prestations imposables en Suisse. Pour les particuliers qui sous-louent occasionnellement une chambre, cette réglementation n'a guère d'importance. Mais dès qu'une société de gestion de patrimoine ou un bailleur commercial entre sur le marché, l'obligation de s'inscrire à la TVA peut rapidement devenir une réalité. C'est notamment le cas lorsque plusieurs objets sont gérés et loués et que la limite de chiffre d'affaires est ainsi dépassée.


 

Cependant, le simple fait d'atteindre la limite du chiffre d'affaires ne signifie pas automatiquement que la taxe sur la valeur ajoutée doit être perçue sur chaque loyer. La location de logements reste largement exclue du champ de l'impôt, malgré un éventuel assujettissement de l'entreprise à la TVA. Un propriétaire qui propose à la fois des objets résidentiels et des bureaux doit donc examiner précisément quelles prestations sont réellement imposables. L'inverse s'applique aux entreprises qui louent exclusivement à des partenaires commerciaux et ont décidé, dans ce cadre, de déclarer la location comme une prestation imposable. Des questions se posent alors concernant l'indication de la taxe sur les factures et la déduction de l'impôt préalable, deux éléments étroitement liés au principe de la TVA sur les loyers.



 

Loyer sans taxe ou loyer avec taxe : l'option pour la TVA

La loi suisse sur la TVA prévoit la possibilité pour les propriétaires de soumettre volontairement la location de surfaces commerciales et de bureaux à l'impôt ; dans ce cas, on parle également d'« opter ». Cette option présente des avantages et des inconvénients qui doivent être pesés avec soin. Si un bailleur choisit l'option, cela signifie qu'il indique la TVA sur ses factures de loyer et la reverse à la Confédération. En contrepartie, il obtient le droit de faire valoir la déduction de l'impôt préalable sur les frais d'entretien, de réparation et autres investissements. Celui qui prévoit des transformations majeures ou investit régulièrement dans l'immobilier peut ainsi obtenir des avantages financiers substantiels.


 

D'un autre côté, une location soumise à la TVA peut s'avérer plus onéreuse pour le locataire, s'il n'a pas lui-même droit à la déduction de l'impôt préalable. Une entreprise qui facture également ses propres prestations avec la TVA peut souvent déduire la TVA payée à titre d'impôt préalable, ce qui n'entraîne aucune charge supplémentaire. En revanche, si une organisation à but non lucratif ou une entreprise réalisant des prestations exclues du champ de l'impôt loue une surface, la TVA peut représenter un simple facteur de coût pour ce locataire. Pour cette raison, avant d'opter pour l'imposition, un bailleur devrait vérifier si le groupe cible de locataires peut utiliser la déduction de l'impôt préalable ou non. C'est la seule façon d'éviter des conflits et des désavantages financiers en amont. Il faut toutefois noter que, dans la plupart des cas, le propriétaire peut décider seul si le loyer sera soumis à la TVA ou non.



 

Utilisation commerciale et exceptions

La taxe sur la valeur ajoutée dans le cadre de la location entre principalement en jeu lorsque l'objet est utilisé à des fins d'exploitation ou commerciales. Cependant, ce qui importe n'est pas seulement ce qui est stipulé dans le contrat de bail, mais également l'utilisation effective des locaux. Lorsqu'une entreprise loue un bureau dans lequel elle emploie des collaborateurs, il s'agit clairement d'une utilisation commerciale. La situation devient plus complexe pour les objets à usage mixte, comme un bien immobilier comprenant à la fois des surfaces commerciales et des logements. Dans ce cas, les zones doivent être clairement délimitées. Pour les espaces de vie loués, l'exclusion du champ de l'impôt reste applicable, tandis qu'une imposition est envisageable pour les parties du bien à usage commercial.


 

Cette séparation n'est pas toujours aussi simple qu'il n'y paraît au quotidien. Il peut arriver qu'un propriétaire loue à la fois un appartement et un bureau dans le même bâtiment, mais ne conclue qu'un seul contrat de bail global. Pour éviter tout problème lors d'un éventuel contrôle par les autorités fiscales, il est recommandé d'adopter d'emblée une structure claire dans la documentation de location. Des contrats séparés ou, à tout le moins, une ventilation explicite des coûts de location pour les parties résidentielles et commerciales aident à prévenir les litiges et les ambiguïtés. Pour s'assurer de respecter correctement les règles, il est judicieux de solliciter l'avis professionnel d'experts fiscaux ou d'avocats spécialisés.



 

La déduction de l'impôt préalable comme facteur clé

L'option pour la TVA dans le cadre d'une location est étroitement liée au droit de déduire l'impôt préalable. Si un propriétaire facture la taxe sur ses revenus et la reverse à l'administration fiscale, il est en droit, en contrepartie, d'imputer à titre d'impôt préalable la TVA qui lui est facturée sur les dépenses relatives au bien immobilier. Cela concerne notamment les frais de rénovation, de marketing, de nettoyage ou de conciergerie. À long terme, cette déduction peut offrir des avantages considérables, en particulier si des investissements réguliers dans l'immeuble sont prévus.


 

Cependant, la prudence est de mise. En effet, cet avantage disparaît ou se réduit considérablement lorsque le bien est utilisé, au moins partiellement, à des fins exclues du champ de l'impôt. Ainsi, celui qui loue une partie d'un bâtiment à une entreprise, tandis qu'une autre partie est occupée à titre privé, est confronté au défi de devoir répartir la déduction de l'impôt préalable au prorata. S'il y a des incertitudes lors d'un contrôle fiscal, cela peut rapidement entraîner des demandes de remboursement. La pratique montre qu'une documentation transparente et une répartition précise des coûts sont les moyens les plus efficaces pour prévenir de tels conflits.



 

Rédaction du contrat et déclaration

Celui qui opte pour l'assujettissement volontaire doit indiquer ce choix de manière explicite dans le contrat de bail. Les locataires doivent savoir que la taxe sur la valeur ajoutée s'ajoute au loyer net et à combien elle s'élève. La formulation habituelle consiste à indiquer séparément le loyer net, auquel vient s'ajouter le montant de la taxe due. Pour les bâtiments ou surfaces utilisés à des fins différentes, une répartition exacte dans le contrat est essentielle afin que chaque zone soit correctement prise en compte. Plus la structure locative est définie avec précision, plus le risque de désaccords ultérieurs est faible.


 

En outre, le bailleur ne doit pas oublier d'annoncer son choix d'option fiscale aux autorités. Dans le cadre du décompte régulier de la TVA, tous les chiffres d'affaires avec taxe sur la valeur ajoutée doivent être déclarés et décomptés. Les éventuelles modifications des contrats de location ou de l'utilisation de l'immeuble doivent également être communiquées sans délai pour garantir une taxation correcte. Un propriétaire qui se rend compte trop tard qu'il aurait dû être assujetti à l'impôt risque des paiements rétroactifs et des sanctions. Une information en temps utile et une tenue de comptabilité professionnelle sont donc des facteurs déterminants pour un déroulement sans accroc.



 

Conséquences pour le locataire

Les bailleurs ne sont pas les seuls à devoir relever des défis lorsqu'il s'agit de la TVA sur les loyers. Les locataires doivent également savoir qu'un loyer soumis à la TVA peut avoir des conséquences financières pour eux. Si le locataire est lui-même assujetti à la TVA, la taxe facturée par le propriétaire peut, dans de nombreux cas, être récupérée sous forme de déduction de l'impôt préalable. Au final, la charge est neutre, car le locataire peut compenser ces coûts avec ses propres dépenses imposables. En revanche, il existe des locataires qui ne fournissent aucune prestation imposable. Il peut s'agir, par exemple, de certaines institutions d'utilité publique, d'entreprises culturelles ou d'autres exceptions. Pour eux, la TVA qui s'ajoute au loyer net n'est pas récupérable, ce qui rend la location plus coûteuse.


 

Par ailleurs, les locataires doivent s'assurer que leur propriétaire effectue une facturation correcte. En cas de gestion erronée ou négligente par le bailleur, le locataire pourrait payer la taxe sans pour autant pouvoir bénéficier de la déduction de l'impôt préalable. Le meilleur moyen d'éviter les litiges de cette nature est de clarifier en amont si et sous quelle forme la taxe sur la valeur ajoutée sera prélevée sur le loyer. Une communication transparente entre les deux parties est ici essentielle. Cela permet d'éviter les mauvaises surprises et les situations ambiguës.



 

Charges et autres prestations

Dans de nombreux contrats de bail, d'autres prestations, telles que les charges, les forfaits de chauffage ou les services, sont facturées en plus du loyer proprement dit. La taxe sur la valeur ajoutée peut également être pertinente à cet égard. Si un bien est loué de manière imposable, les coûts facturés en supplément peuvent aussi être assujettis à l'impôt. Le point décisif est de savoir si les coûts sont étroitement liés à la location et s'ils sont considérés comme une prestation indépendante. Par exemple, si des services de nettoyage sont facturés séparément, cela peut être considéré comme une prestation de services distincte entraînant un traitement fiscal différent.


 

La délimitation entre les frais accessoires répartissables et les prestations de services imposables est un sujet de discorde fréquent. Il est recommandé d'examiner attentivement ce que prévoient la loi et la pratique en vigueur. Dans certains cas, il peut être judicieux de regrouper tous les coûts dans un forfait global afin de simplifier la gestion. Toutefois, il faut avoir conscience que ce regroupement peut avoir pour conséquence d'assujettir tous les composants à la TVA si l'on a opté pour l'imposition. Une séparation claire peut s'avérer plus avantageuse financièrement, mais elle nécessite un effort organisationnel supplémentaire.



 

Pièges en cas d'utilisation mixte

Un cas particulier fréquent se présente lorsqu'un locataire n'utilise pas seulement les locaux loués à des fins commerciales, mais y poursuit également des objectifs privés. Cela peut être le cas, par exemple, pour une entreprise individuelle qui aménage une chambre provisoire dans les mêmes locaux ou qui n'utilise certaines parties qu'à des fins privées. De telles situations compliquent le décompte de la TVA pour l'immobilier en Suisse, car il faut alors clarifier au cas par cas quelle part du loyer doit être attribuée au domaine commercial et laquelle au domaine privé. Dans la pratique, il peut être utile de délimiter clairement les zones d'utilisation, de préférence par des séparations structurelles ou par des contrats de location distincts, afin de régler la situation fiscale de manière non équivoque.


 

La situation se complique également pour les propriétaires qui ont choisi de soumettre entièrement l'objet à la TVA, mais qui constatent ensuite qu'une partie de la surface est utilisée à des fins privées. Dans un tel cas, l'administration fiscale peut exiger que la location soit partiellement exclue du champ de l'impôt ou, du moins, que la déduction de l'impôt préalable soit réduite au prorata. Ces ajustements peuvent avoir des conséquences financières rétroactives considérables s'ils ne sont remarqués que lors d'un contrôle. C'est pourquoi il est judicieux de préciser le plus exactement possible, dès le contrat de bail, comment le locataire utilise les surfaces et si cela évolue pendant la durée du contrat.



 

Importance pour les surfaces de bureaux et commerciales

Pour les entreprises qui recherchent spécifiquement un nouveau bureau en Suisse, la question se pose souvent de savoir si le loyer est calculé avec ou sans taxe sur la valeur ajoutée. Cela a un impact sur les coûts mensuels et doit être pris en compte dans le plan financier. Les entreprises qui ont elles-mêmes droit à la déduction de l'impôt préalable ne subissent en général aucun désavantage, car elles peuvent compenser la taxe payée au bailleur par leur propre charge fiscale. Toutefois, des formes mixtes se rencontrent parfois, par exemple lorsqu'une partie de l'entreprise fournit des prestations exclues du champ de l'impôt. Dans de tels cas, il en résulte une impossibilité partielle de déduire l'impôt préalable, ce qui peut entraîner des coûts nets plus élevés.


 

De plus, il est important d'être conscient des exigences administratives. Si un locataire commercial utilise un bien immobilier et en sous-loue peut-être une partie à des tiers, il doit également vérifier si cette sous-location est assujettie à l'impôt. La taxe sur la valeur ajoutée constitue donc le fil rouge de toutes les relations contractuelles dès lors que l'on évolue dans le domaine de l'utilisation commerciale. Une bonne comptabilité et une compréhension claire des dispositions légales facilitent le processus et garantissent que ni le propriétaire ni le locataire ne subiront de mauvaises surprises coûteuses par la suite.



 

Erreurs fréquentes et comment les éviter

L'une des erreurs les plus courantes consiste à ne choisir l'option fiscale qu'après la conclusion de contrats de bail sans TVA. En cas de correction a posteriori, les parties contractantes doivent clarifier si le loyer net initial est désormais soumis à l'impôt ou si une majoration correspondante peut être facturée. De telles discussions peuvent entraîner des désaccords et des frictions, surtout si le locataire refuse de payer la taxe parce qu'elle n'avait pas été convenue à l'origine. Pour éviter cela, les bailleurs devraient prendre leur décision concernant l'option de manière précoce et la consigner clairement dans les conventions de location.


 

Un autre obstacle réside dans la délimitation floue entre les unités à usage privé et commercial. Dès lors qu'une surface n'est pas clairement classée comme commerciale ou privée, le propriétaire perd rapidement de vue quelle part des coûts est déductible au titre de l'impôt préalable. Pour le locataire également, un tel désordre implique un surcroît de travail, puisqu'il devra prouver avec précision l'utilisation de ses locaux lors d'un éventuel contrôle. Des contrats rédigés de manière transparente et une séparation spatiale claire sont les moyens les plus simples de prévenir les conflits. Un échange avec des experts fiscaux s'avère souvent utile pour maîtriser la complexité du sujet.



 

Résumé

La taxe sur la valeur ajoutée dans le cadre de la location en Suisse est un sujet complexe qui ne peut se résumer à une simple liste de réponses par oui ou par non. Le fait de savoir si et quand la TVA s'applique dépend de différents facteurs : de l'utilisation réelle du bien immobilier, de la situation du propriétaire en matière de chiffre d'affaires et de sa décision de lever l'option fiscale. Les locataires doivent également examiner la situation de près afin de se prémunir contre les mauvaises surprises.


 

Pour les commerçants et les bailleurs de surfaces de bureaux, la location imposable offre l'avantage de la déduction de l'impôt préalable, mais elle peut en même temps exclure des groupes de locataires qui n'ont pas eux-mêmes droit à cette déduction. La transparence est donc primordiale : seul celui qui communique clairement les faits et les règle sans ambiguïté dans le contrat de bail s'épargne des corrections ou des litiges ultérieurs. En cas d'incertitude, il est utile de consulter la loi ou de demander l'avis de spécialistes pour trouver la solution individuelle la plus adaptée. Ainsi, il est possible d'appliquer correctement la TVA sur les loyers en Suisse, tout en jetant les bases d'une relation commerciale stable et équitable.