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Droit de location

Résiliation de locaux commerciaux en Suisse

La résiliation de locaux commerciaux en Suisse nécessite des connaissances approfondies en matière de droit de bail, de délais et de dispositions contractuelles.

Écrit par
Remo Stahl
Publié le
17 février 2025

La résiliation de locaux commerciaux compte parmi les sujets les plus complexes du droit du bail suisse. Des intérêts divergents, des réglementations légales spécifiques et une multitude de facteurs que les bailleurs et les locataires doivent prendre en compte compliquent la démarche. Pour trouver une solution conforme au droit, équitable et économiquement sensée, une connaissance approfondie des conditions-cadres est nécessaire.


Il s'avère régulièrement qu'une planification prévisionnelle et une communication transparente entre les parties contractantes peuvent minimiser efficacement les malentendus et les conflits. Dans le cas des surfaces commerciales, il existe souvent une interaction étroite avec les processus opérationnels, raison pour laquelle une résiliation n'affecte pas seulement la relation contractuelle pure, mais aussi les décisions entrepreneuriales, les contacts clients et les chaînes d'approvisionnement. C'est pourquoi il est recommandé de clarifier rapidement la situation contractuelle et légale initiale et de prendre en compte les éventuelles questions qui en découlent.



Droit du bail commercial en Suisse

Le droit du bail pour les locaux commerciaux en Suisse diffère sur certains points du droit du bail d'habitation, bien que tous deux soient soumis aux dispositions générales du Code des obligations (CO). Au centre du droit du bail commercial se trouvent notamment les questions relatives à l'usage locatif, aux aménagements locatifs, aux charges et à la protection contre la concurrence. Les dispositions légales visant à protéger les locataires sont généralement moins étendues pour les locaux commerciaux que dans le domaine du logement, ce qui se manifeste particulièrement en ce qui concerne les délais de résiliation, la protection contre les congés et les hausses de loyer.


Toutefois, l'article 253 ss CO s'applique également aux baux commerciaux. Une distinction est ainsi faite entre les contrats à durée déterminée et indéterminée. Pour les baux à durée déterminée, le bail prend fin automatiquement à l'expiration de la durée convenue, sauf si une prolongation du contrat est négociée. Pour les baux à durée indéterminée, une résiliation en bonne et due forme est nécessaire. Il convient de respecter aussi bien les mentions légales minimales que les formalités (par ex. formulaire officiel dans certains cantons).


Dans le contexte commercial, une question essentielle est de savoir si, par exemple, le locataire a effectué des modifications structurelles qui doivent être remises en état. Cela est parfois déjà réglé dans le contrat de bail afin d'éviter des litiges ultérieurs. L'objet commercial et ses modifications – par exemple en raison de nouvelles activités commerciales qui n'étaient pas prévues initialement dans le bail – peuvent également influencer la relation locative. Parallèlement, le système juridique suisse a une approche plutôt libérale. Les gens d'affaires sont considérés par principe comme étant plus conscients des risques et mieux informés que les locataires privés, c'est pourquoi le législateur attend des entreprises qu'elles négocient librement leurs accords contractuels dans une certaine mesure.


Quiconque se penche sur le droit du bail pour les locaux commerciaux devrait se familiariser notamment avec les exigences de contenu des contrats de bail, les prescriptions cantonales en matière de résiliation et les dispositions de protection divergentes par rapport aux baux d'habitation. Une lecture attentive du bail existant ainsi que les conseils de spécialistes peuvent prévenir les conflits et aider à clarifier les points importants.



Délai de résiliation pour locaux commerciaux en Suisse

Le délai de résiliation pour les locaux commerciaux en Suisse est un point central qui doit être scrupuleusement respecté lors de chaque résiliation. Selon l'article 266a ss CO, le délai de résiliation pour les locaux commerciaux diffère de celui pour les logements. Alors que pour les appartements, un délai de trois mois s'applique généralement (sauf convention contractuelle contraire), le délai légal de résiliation pour les locaux commerciaux est généralement de six mois. Cette période plus longue tient compte des exigences particulières de l'exercice d'une activité commerciale. En cas de déménagement ou de cessation d'activité, les entreprises doivent souvent informer leurs fournisseurs, clients et collaborateurs, vendre leurs stocks à temps ou chercher de nouveaux locaux et adapter les contrats.


Toutefois, les parties peuvent dans de nombreux cas convenir contractuellement de délais de résiliation plus longs ou plus courts. Dans certains secteurs en particulier, un délai plus court est demandé pour permettre aux entreprises de rester flexibles. Parfois, un délai plus long est privilégié, par exemple lorsque des transformations ou des autorisations spécifiques à la branche sont liées au site. Néanmoins, toute dérogation contractuelle doit respecter les prescriptions légales. Les accords qui désavantagent le locataire de manière disproportionnée peuvent – selon le cas – être invalides.


Un autre aspect important concerne les termes de résiliation. Sauf disposition contraire, une résiliation peut, selon le CO, être prononcée pour la fin d'une durée de bail de six mois. Dans de nombreux cantons (par ex. Zurich), il faut cependant respecter les termes de résiliation usuels dans la localité (par ex. fin mars ou fin septembre) ou les termes convenus concrètement dans le contrat. Quiconque dépend du respect d'un délai précis devrait vérifier minutieusement son contrat de bail et calculer les dates correctement. En cas d'erreur dans le calcul du délai, la résiliation peut être considérée comme tardive, ce qui peut entraîner une prolongation automatique du bail.


Dans tous les cas, il est conseillé de respecter les exigences formelles (par ex. lettre recommandée, formulaire officiel dans certains cantons). Si la résiliation n'est pas notifiée correctement, cela peut entraîner la nullité de la déclaration. La signature de toutes les parties autorisées – par exemple dans le cas d'une société avec plusieurs associés – est également indispensable pour rendre la résiliation juridiquement valable.



Résiliation de locaux commerciaux par le bailleur

Une résiliation des locaux commerciaux par le bailleur peut avoir différentes raisons. Souvent, il y a un besoin propre, lorsque le bailleur a besoin de l'objet pour l'extension de sa propre entreprise ou lorsqu'il souhaite vendre le bâtiment et résilier le bail au préalable. Des conflits concernant le loyer ou des violations fréquentes des obligations contractuelles par le locataire (par ex. retard de paiement, utilisation inappropriée des locaux) peuvent également motiver une résiliation.


Mais même si la résiliation semble justifiée, le bailleur doit respecter les prescriptions légales et contractuelles. Si une durée minimale est convenue dans le bail, une résiliation ordinaire peut être exclue durant cette période. Il ne reste alors que la résiliation extraordinaire en cas de violations graves du contrat ou d'autres justes motifs. Mais là aussi, des preuves claires des violations d'obligations doivent être disponibles et un délai raisonnable doit généralement être accordé au locataire pour remédier aux problèmes.


Dans la pratique, une résiliation par le bailleur entraîne souvent des litiges concernant la protection contre les congés, qui s'applique dans certaines situations. Bien que la protection soit moins stricte pour les locaux commerciaux que pour les logements, une résiliation abusive peut néanmoins être contestée. Une résiliation est par exemple considérée comme abusive si elle n'est prononcée que pour contraindre le locataire à accepter une augmentation de loyer excessive. Dans de tels cas, le locataire peut s'opposer à la résiliation auprès de l'autorité de conciliation dans un délai de 30 jours.


Il est donc important pour le bailleur de s'informer au préalable sur les dispositions en vigueur et, le cas échéant, de demander un avis juridique. Dans de nombreux cas, il est en outre recommandé de trouver une solution amiable avec le locataire, par exemple en l'aidant à trouver des locaux de remplacement ou en lui proposant une indemnisation financière. Un accord à l'amiable peut éviter de longues procédures et les coûts qui y sont liés.



Résiliation de locaux commerciaux par le locataire

Lors d'une résiliation des locaux commerciaux par les locataires, ce sont généralement des considérations économiques qui priment. L'emplacement n'est peut-être plus rentable, l'activité cesse ou nécessite plus d'espace. Dans ces cas, le locataire a la possibilité de mettre fin au bail en respectant le délai de résiliation contractuel ou légal. Les prescriptions de forme doivent ici aussi être respectées.


Cela devient plus difficile lorsqu'un locataire souhaite sortir du contrat de manière anticipée. Dans ce cas, il a le droit de proposer un locataire de remplacement acceptable, pour autant qu'aucune disposition contraire n'ait été prise dans le bail. Un locataire de remplacement doit être prêt à reprendre le bail aux mêmes conditions, c'est-à-dire par exemple accepter le même loyer et la même durée de contrat. Si le successeur proposé semble solvable et fidèle au contrat, le bailleur doit l'accepter comme locataire. S'il ne le fait pas, l'obligation de paiement du locataire actuel prend fin à la date d'emménagement du locataire de remplacement.


Toutefois, il ne faut pas s'imaginer que la recherche d'un locataire successeur approprié soit trop simple. Surtout pour des locaux commerciaux spéciaux avec des exigences spécifiques à la branche ou des loyers élevés, cela peut prendre du temps avant de trouver un candidat adéquat. De plus, un bailleur peut dans certains cas avoir des doutes légitimes sur la solvabilité ou le concept commercial d'un successeur et refuser la reprise. Si cela entraîne un litige, les tribunaux devront le cas échéant déterminer si le locataire de remplacement proposé était acceptable.


Il est donc conseillé au locataire de prendre contact rapidement avec le bailleur et de faire preuve de transparence sur les étapes prévues. Une communication ouverte facilite la recherche de solutions. Il ne faut pas non plus négliger le démontage d'éventuelles modifications structurelles ou le démontage d'aménagements locatifs. Ici, une clause explicite dans le bail peut clarifier ce qui doit se passer lors du départ. En l'absence d'une telle règle, il y a parfois litige sur la question de savoir si le locataire doit restituer les locaux dans leur état d'origine ou non.



Importance d'une rédaction contractuelle réfléchie

Indépendamment de la partie qui prononce la résiliation, le bail constitue le fondement du litige juridique. Ce document ne devrait pas seulement régler clairement la durée et le loyer, mais aussi les questions relatives aux délais de résiliation, aux obligations de rénovation et aux aménagements. Comme le droit du bail commercial en Suisse peut être conçu de manière comparativement libre, il est recommandé d'inclure soigneusement tous les points décisifs dans le contrat. De nombreux conflits ultérieurs peuvent ainsi être évités.


Les normes légales minimales et les prescriptions cantonales doivent également être connues. Selon le canton, certaines différences peuvent apparaître en ce qui concerne les prescriptions de forme ou les formulaires officiels. Ignorer cela peut entraîner l'inefficacité d'une résiliation. De plus, il est judicieux de prévoir dès le bail des règles sur la procédure en cas de résiliation anticipée ou de faute du locataire. Une formulation claire permet aux deux parties de reconnaître et de faire valoir leurs droits. Locataires comme bailleurs doivent être conscients que si le droit du bail suisse encourage la liberté contractuelle, un examen de l'abus de droit ou de la bonne foi a toujours lieu lors d'un litige judiciaire. Des clauses unilatéralement défavorables peuvent, le cas échéant, être contestées.



Conseils pratiques pour une résiliation sans heurts

Une résiliation est toujours une situation exceptionnelle qui peut avoir des répercussions sur toutes les parties concernées. Une préparation minutieuse réduit le potentiel de conflit. L'important est avant tout de procéder de manière conforme au droit et équitable. Les bailleurs qui peuvent prouver sans doute possible qu'une résiliation est légitime renforcent leur position et évitent les ennuis. Les locataires qui respectent les délais et les règles contractuelles conservent de bonnes chances pour une solution amiable et une relation de travail positive avec le bailleur – surtout s'ils souhaitent louer à nouveau des locaux commerciaux à l'avenir.


Il est recommandé de rassembler rapidement tous les documents nécessaires et de clarifier sa propre situation. Les locataires doivent savoir exactement s'ils veulent proposer un locataire de remplacement ou s'il s'agit d'une résiliation ordinaire pour la prochaine date possible. Les bailleurs doivent quant à eux évaluer si un besoin propre est effectivement juridiquement fondé, si une résiliation abusive pourrait éventuellement menacer ou s'il vaut mieux miser sur des solutions amiables. Dans de nombreux cas, les divergences d'opinion sont rapidement réglées lorsque les deux parties énoncent clairement leurs intérêts.


La Suisse propose diverses autorités de conciliation auprès desquelles on peut obtenir des conseils juridiques. Ces autorités ou les services spécialisés municipaux sont des points de contact avant d'en arriver à une procédure judiciaire coûteuse. Surtout pour les locaux commerciaux, une conciliation rapide peut aider à clarifier les litiges et à éviter des coûts élevés et des retards. En cas d'incertitude sur des questions complexes, il est préférable de faire appel à un avocat spécialisé ou à un expert en droit immobilier. Bien que cela engendre des frais, cela préserve de démarches irréfléchies qui pourraient finalement entraîner des dépenses encore plus élevées.